Félix Blume ou l’art burlesque de la prise de son

Félix Blume est preneur de son pour le cinéma. Comme ses confrères et consœurs, il lui arrive de passer des heures après le tournage à enregistrer des « sons seuls ». On dit « seuls » parce que sans image synchrone, mais on pourrait le dire aussi parce que le technicien est toujours solitaire, sans le tumulte d’une équipe, occupé à dénicher les bruits et les ambiances typiques du lieu qui contribueront à enrichir le futur montage du film. C’est alors que, de ces situations d’attente et d’obstination qu’un œil extérieur pourrait trouver étranges ou drôles, Félix Blume a eu l’idée de faire de petits courts-métrages.

Les saynètes « muettes », mais pas silencieuses, de Félix Blume reposent sur une mise en scène brillante de simplicité où, si le cadre fixe ne nous donne pas toujours tout à voir dès le départ, c’est le son brut du micro qui conduit l’action. De petites perles burlesques et poétiques, qui évoquent Jacques Tati et son art du décalage entre des plans larges à l’image dans lesquels le son, enregistré au contraire en proximité, vient nous signaler ce qu’il faut regarder. C’est que l’absurde (de Tati, aussi) n’est bien sûr jamais loin de toute entreprise cinématographique (ou radiophonique) en proie à une réalité souvent chaotique et indifférente.



Plus de vidéos à découvrir sur le site de Félix Blume ou à suivre en feuilleton sur sa chaîne Vimeo. Félix Blume est aussi un auteur de documentaires audio enregistrés lors de ses voyages, que l’on peut écouter sur Arte Radio.

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