Comment financer une création radiophonique ?

Vous avez un projet de création radiophonique : comment la financer ? Où trouver le cadre de production le plus pertinent ? Selon que vous vous attachiez à un contexte de diffusion particulier ou non (Arte Radio ou France Culture, une radio associative ou la RTBF), selon que vous souhaitiez être totalement libre ou si, au contraire, vous avez besoin d’être épaulé·e techniquement, les solutions diffèrent. Tentons ici de lister les possibles. N’hésitez pas à nous signaler des erreurs, nous essaierons de tenir les informations à jour.

[Dernière mise à jour : février 2015]

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Les principaux « guichets »

Coordonné par Pascale Tison, productrice de l’émission Par ouïe-dire sur RTBF-La Première, le Fonds Gulliver remplace depuis 2015 l’ancien appel à projet Du côté des ondes. Financé par des fonds français et belges, et coordonné en partenariat avec la Radio-Télévision-Suisse (Le Labo) et France Culture (Sur les Docks), il se présente dorénavant comme « le programme international francophone de création radiophonique ». Le dossier de candidature, assez conséquent (note d’intention, note de réalisation, budget, etc.), doit argumenter une demande pouvant aller jusqu’à 5000 euros. La commission attend autant des propositions de fiction que de documentaire. Lien vers l’appel à projets 2015.

Chaque année, la Société civile des auteurs multimédia (Scam) lance un appel à projets documentaires via sa bourse « Brouillon d’un rêve sonore » (date de rendu courant septembre). La particularité de cette aide à la création est d’être attribuée quel que soit le contexte de production ou de diffusion visé : vous pouvez par exemple cumuler une bourse Scam et être produit·e par Radio France ou par Arte Radio. Vous pouvez tout aussi bien envisager une diffusion de l’œuvre sur une radio associative ou sa présentation sous forme d’installation sonore.

Depuis 2002, Arte Radio accueille des auteur·es indépendant·es dans la réalisation de leurs projets. L’auteur·e peut être formé·e techniquement par Arte Radio, mais effectue seul·e les enregistrements ainsi que le montage. Celui-ci est finalisé et mixé par un metteur en ondes maison. La webradio n’imposant pas de durée finale à la création, la rémunération diffère pour chaque production. Elle est discutée (souvent à l’avance) avec l’auteur·e, en prenant en compte une estimation du temps passé sur la réalisation.

Pour soumettre un projet à Arte Radio, rien de plus simple que d’écrire un mail à l’adresse de contact. Mais avant de vous lancer, il vaut mieux lire l’avertissement de Silvain Gire, son responsable éditorial.

France Culture ouvre certaines de ses émissions à ce qu’elle appelle des « producteurs délégués », c’est-à-dire des personnes extérieures qui peuvent soumettre un projet, même ponctuellement. C’est le cas de toutes les émissions de la « Direction du documentaire et de la création radiophonique » coordonnée par Irène Omélianenko : Sur les docks, l’Atelier de la création, l’Atelier de Création Radiophonique, Les Pieds sur terre, Une vie une œuvre, Villes-Mondes, ainsi que le documentaire de la Fabrique de l’Histoire. Le même principe régit la production d’Interception, l’émission de grand reportage de France Inter, qui fait appel de temps en temps à des personnes extérieures. Ces deux chaînes sont également ouvertes aux propositions pour leurs grilles d’été.

Si les conditions de production diffèrent selon les émissions, elles ont en commun d’être très cadrées. Quels que soient le sujet et ses contraintes propres, les durées de tournage, de montage et de mixage demeurent fixes, et elles sont le plus souvent calées sur des journées consécutives. Dans tous les cas, la productrice ou le producteur (c’est-à-dire vous) ne touche ni au micro ni à la souris. Vous collaborez avec une équipe technique ainsi qu’avec un·e chargé·e de réalisation pour la « mise en ondes » de votre création. Pour contacter le ou la responsable d’une de ces émissions, écrivez un courriel à [prénom.nom]@radiofrance.com.

L’émission de documentaire et de création radiophonique Le Labo sur Espace 2 (Radio Télévision Suisse) accepte ponctuellement des projets venant de l’extérieur. L’auteur·e effectue seul·e les enregistrements et le pré-montage. Pour contacter David Collin, le producteur responsable du Labo, rendez-vous sur la page de l’émission.

En Belgique, le Fonds d’aide à la création radiophonique (FACR) lance deux appels à projets par an afin d’octroyer des bourses de création en fiction et documentaire. Le projet peut être présenté par une personne morale ou physique, qui doit résider en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le dossier à remplir, assez imposant, doit comporter une note d’intention, un « traitement », un « découpage »… ainsi qu’un budget détaillé et l’accord de principe d’au moins une radio associative belge pour la diffusion de la future création. Les dépenses liées au transport ne sont pas éligibles. Le FACR est attentif à aider des projets mettant en valeur « le patrimoine culturel et artistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles », ce qui dans la réalité exclut les sujets n’ayant aucun lien avec la Belgique.

D’autres voies à suivre ?

Nombre de cas particuliers resteraient à mentionner. Il arrive que des créations soient produites de façon totalement alternative, grâce au soutien de collectivités territoriales ou d’organismes spécifiques si le projet comporte une dimension locale ou repose sur une thématique sociale, éducative, etc. Dans ces situations, l’auteur·e est souvent encore plus seul·e pour chercher et convaincre des financeurs pas du tout spécialistes en création sonore.

(cc) Stuart Richards - flickr

(cc) Stuart Richards – flickr

En Belgique, l‘atelier de création sonore radiophonique (acsr) peut vous être d’une grande aide pour débuter votre projet. C’est une structure d’accueil qui propose un accompagnement dans l’écriture et la réalisation, vers des recherches de financement, jusqu’à la diffusion de l’œuvre finale.

À noter également que, dans le prolongement de sa Journée des Territoires sonores consacrée à l’économie du documentaire en décembre 2011, l’association Addor a publié en janvier 2015 un excellent guide des documentaristes sonores qui traite avec beaucoup de détails la question du financement ainsi que celle, très importante, des droits d’auteur·e. Les droits d’auteur·e·s d’œuvres documentaires sont perçus après leur diffusion et reversés par la Scam à l’auteur·e. Ils apportent un complément de rémunération non négligeable, bien que variable selon l’organisme diffuseur. Votre création ne pèsera pas le même poids si elle est diffusée par Radio France, la RTBF, Arte Radio ou les radios associatives françaises. Et sa diffusion hors de France est encore une zone inconnue.

Pour des possibilités de financement plus ponctuelles, suivez l’agenda de Syntone et notamment la catégorie des bourses.

Et enfin, pourquoi ne pas essayer le financement participatif ? À ce sujet, lire sur Syntone l’article de Clément Baudet sur radio et crowdfunding (novembre 2013).

Mises à jour :

  • 23/02/2015 : Suppression de l’onglet « EPRA », en raison de la liquidation du groupement d’intérêt public en décembre 2013. Pour comprendre ce qu’était l’EPRA, lire sur Syntone l’article de Katia Scifo du 15 mars 2012 : Crise de l’EPRA : crise de la libre expression radiophonique. Également, modification de l’onglet « Du côté des ondes » pour cause de changement de nom en « fonds Gulliver ». Également, inclusion de l’émission « Le Labo » sur la RTS, et du livret de l’association Addor : « Guide des documentaristes sonores ».
  • 09/01/2014 : Onglet « FACR ». « Le projet peut être présenté par une personne morale ou physique, qui doit résider en Fédération Wallonie-Bruxelles » (personne physique, aussi) ; « l’accord de principe d’au moins une radio associative belge » (et non pas deux) ; précision sur les objectifs du FACR : « des projets mettant en valeur « le patrimoine culturel et artistique de la Fédération Wallonie-Bruxelles », ce qui dans la réalité exclut les sujets n’ayant aucun lien avec la Belgique. »

8 Réactions

  • LAFLEUR DUTHEAU dit :

    Bonjour nous sommes ASSOCIATION AIDE AUX JEUNES (AAJ)

    nous aimerions crée une petite Radio en Guyane Française Malheureusement notre situation Financier ne nous permettons pas de Réalisé ce projet dans ce cas j’aimerais savoir comment vous pourriez nous accompagnez et orientez et autre.

  • Bonjour nous sommes ASSOCIATION ayant pour titre Radiodiffusion et Télévision MSA -TV du Groupe Africa Health Model Organisation / Modèle Sante Africa (AHMO-MSA). Nous aimerions crée deux petite Radio sonore: » MSA .FM » et « A. FEELING .FM « en COTE D IVOIRE et en France , nous avons l’agrément ivoirien et français depuis , Malheureusement notre situation Financier ne nous permet pas de Réalisé ce projet dans ce cas j’aimerais savoir comment vous pourriez nous accompagnez et orientez et autre.

  • Seity Joëlle dit :

    Bonjour, nous sommes une radio associative et nous nous posons la question de la possibilité de trasformer notre radio en coopérative. Aurions nous droit aux mêmes aides ? savez vous ou s’adresser pour trouver des réponse à ces questions ?

    • Syntone Syntone dit :

      Bonjour,
      Sans en être totalement certain, je pense que pour bénéficier du FSER il faut être constitué en association loi 1901. Mais peut-être que créer une coopérative en parallèle de l’association est possible. Vous devriez demander à un syndicat, le SNRL ou la CNRA.
      Bonne recherche.

    • Grégory dit :

      Ce n’est pas la forme juridique qui conditionne l’aide, mais bien la qualité du projet que vous allez soumettre. Il en va de même en matière d’aide à la production audiovisuelle ; celles-ci sont indifféremment octroyées à des sociétés de production ou à des associations de production (parce que ça existe les producteurs sous forme associative).

      • Syntone Syntone dit :

        Bonjour Grégory. Avez-vous une référence de texte à nous donner qui va dans le sens de ce que vous expliquez ?

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