Le vendredi, c’est Mythologie

À l’Olympe de la radio trônent toujours les mêmes. Qui sont-ils, déjà ? Euh… “Il n’y a pas de mythologie de la radio aussi forte que les mythologies du cinéma, ou que celle que se fabrique la télévision”, remarque Thomas Baumgartner. “Il y a des souvenirs individuels, peu de représentations communes, d’émissions ou de voix qu’on a l’impression d’avoir dans l’oreille sans quasiment les avoir entendues. Les exceptions : Orson Welles et la Guerre des Mondes, Antonin Artaud et Pour en finir avec le jugement de dieu, mais peu d’autres…”

(cc) Jess Lo – flickr

C’est pourquoi les Passagers de la nuit de France Culture consacrent un programme par semaine à la réhabilitation et à la réactivation d’émissions oubliées.

Justement, Welles sera évoqué par Emmanuel Laurentin ce vendredi 6 novembre parmi d’autres exemples de la potentialité de la radio à jouer avec le réel. La performance d’Artaud quant à elle fut une des premières émissions culte à avoir été scannée début septembre, juste après un démarrage très savoureux aux côtés de Robert Arnaut (Histoires possibles et impossibles, entre autres).

Dans les semaines à venir on entendra José Artur, ancien producteur du Pop Club sur France Inter, puis Pierre-Arnaud de Chassy-Poulay, metteur en ondes du feuilleton d’Europe 1 Signé Furax, créé par Pierre Dac et Francis Blanche : un premier pas en-dehors de la radio d’État, avant peut-être d’aller vers l’étranger.

Mais il ne faut pas croire que cette Mythologie de poche de la radio soit un salon où l’on se repasse les anecdotes du bon vieux temps. Ce n’est pas non plus le Saint-Siège qui distribue les béatifications. Au-delà de la consécration d’individus, ce programme entreprend la construction d’un corpus de radiophonie, considérée en tant qu’expression ~ si ce n’est art ~ à part entière, et donc soumis à la définition et à la critique. C’est enfin un lieu comme il y en a peu où l’on parle du travail radiophonique, de la forme en rapport avec le fond. Ainsi vendredi dernier, le 30 octobre (programme toujours en écoute sur le site et en podcast), Jean-Marc Fombonne venait expliquer sa démarche de journaliste engagé sur le terrain social, autour de deux ACR de 1977. Le 20 novembre, Mehdi El Hadj évoquera le “travail silencieux” de réalisateur à partir d’un documentaire récent d’Irène Omélianenko.

Bien sûr, les classiques ne seront pas oubliés : “2010 sera le centenaire Pierre Schaeffer et l’année des 15 ans de la disparition de Jean Tardieu. Ce serait étonnant qu’on n’en profite pas pour évoquer le Studio d’essai pour l’un (1942-1945), le Club d’Essai pour l’autre (1946-1959)”.

Parfait, M. Baumgartner, mais comme on en veut toujours plus, mettez-nous les œuvres évoquées en entier (pas seulement en extraits fatalement frustrants) et on clamera encore plus haut que la Mythologie de poche de la radio est une entreprise intelligente et précieuse, tous les vendredis à 23h sur France Culture.

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