El radioarte (1/2)… en Espagne

Laura Romero est l’animatrice de Radioimaginamos, un blog espagnol qui tient l’actualité de l’art sonore et radiophonique, sorte de Syntone ibère. Nous lui avons demandé de nous dessiner un panorama actuel ~en deux parties~ de la création en Espagne et en Amérique Latine… Et elle a accepté avec enthousiasme, alors, en route !

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Lorsqu’on parle d’art radiophonique, désigne-t-on quelque chose qui serait différent de l’art sonore ? L’artiste et docteur en sciences de la communication José Iges définit l’art radiophonique comme un art sonore conçu pour l’espace de radiodiffusion, c’est-à-dire un art né pour la radio et dont la pratique s’étend aux limites du langage radiophonique. Le manifeste publié en 1998 par Kunstradio désigne, lui, l’art radiophonique comme de la radio faite par des artistes. Ces deux définitions nous rapprochent de l’idée que la spécificité de chacun de ces arts se situe dans des formes différentes d’exposition ou de transmission des oeuvres, et dans des types différents de créateurs, de part leurs origines et les circonstances de création : depuis des musiciens, “performers” et artistes plastiques qui incorporent le son à leurs oeuvres, jusqu’aux journalistes, “communiquants” et réalisateurs qui s’échappent des routines de production de la radio conventionnelle. Tous ces producteurs partagent le même intérêt pour le langage des sons.

L’Espagne et les pays latino-américains souffrent encore d’un manque d’études exhaustives sur les possibilités de création artistique à la radio. La majorité des stations suit fidèlement la définition de la radio “média d’information journalistique”, idée immuable durant des décennies. Elles ont pourtant misé sur des genres narratifs comme les feuilletons radio ou le radio-théâtre, qui a eu son âge d’or dans les années quarante et cinquante avant l’arrivée de la télévision. En Amérique Latine, ce genre est toujours très populaire et en Espagne, il commence à revenir avec de nouvelles productions. Étant même le seul format artistique admis sur le média, il est resté dans l’ombre ces derniers temps. Cependant, en quelques années, on a pu voir se consolider sur ces deux territoires une production d’art radiophonique riche et variée qui va de la fiction sonore narrative et non narrative, au paysage sonore, à la poésie phonétique ou au feature (documentaire de création) jusqu’à la radioperformance. 

Dans cet article, nous listerons quelques-uns des créateurs radiophoniques actuels actifs en Espagne et en Amérique Latine. Je précise “quelques-uns” car il est certain que j’ai dû en oublier plus d’un, au vu de la faible promotion des formes artistiques radiophoniques (j’en profite pour m’excuser auprès des professionnels non-mentionnés ici…). Ce problème semble paradoxal si on considère que l’art radiophonique est déjà ancien, aussi vieux même que la radio, et qu’il n’a pas tant que ça gagné en promotion avec l’arrivée d’internet, alors même que le web entraîne une diffusion et une diversification croissante de ce type de création.

1. Producteurs et créateurs en Espagne

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En général, les radios espagnoles souffrent d’une offre peu innovante et excessivement similaire d’une station à l’autre. Les grilles sont confectionnées à partir de “macroespaces” attribués à des journalistes reconnus, c’est-à-dire pour la plupart des magazines et des programmes d’information. En parallèle, on trouve beaucoup d’émission musicales, et au milieu de cela, l’oasis qu’est le “département des programmes spéciaux” de Radio Nacional de España (RNE), en particulier Radio 3. Depuis déjà 10 ans, l’émission spécialisée de la chaîne publique est dirigée par l’exceptionnel Federico Volpini, lié au média depuis 1977. Volpini a présenté et dirigé divers programmes de fiction et est reconnu à la fois comme auteur de séries et professeur de scénario, réalisation et création radiophonique. En 2002, il a dirigé l’adaptation radiophonique de El Corazón de las Tinieblas (Au coeur des ténèbres) de Joseph Conrad, produite par Radio 3 et Radio 4. À l’époque où il était directeur, il a appuyé la production de formats de fiction sur Radio 3, travail qu’a également réalisé le scénariste et animateur Carlos Faraco et une vague d’aventuriers professionnels comme Carlos Hurtado, Sara Vítores, Juan Suárez, Isabel Ruiz Lara, Lourdes Guerras, Javier Gallego ou Mayca Aguilera, qui ont égayé la programmation de créations originales comme El Ojo de Ya Ve, Chichirichachi, El Mono temático, El Despertatroz, Trelatos, Videodrome ou Especia Melange, de séries comme Los Inmortales, Los trabajos de Hércules et bien sûr Cuando Juan y Tula fueron a Siritinga, une référence majeure dans notre pays, une série de science-fiction en 86 chapitres de 10 minutes.

Les années suivantes, Radio 3 a arrêté de produire ces regrettés programmes et mis en marche d’autres initiatives comme Radioteatropiezas en collaboration avec la Casa Encendida, un centre culturel de Madrid. Actuellement, la fiction radiophonique revient sur le devant de la scène avec des acaptation de “radiothéatre” et des représentations en direct. C’est le cas avec El perro del hortelano (Le chien du maraîcher) ou des adaptations de films comme Psychose (adaptation dirigée par Ignacio Elguero et Mayca Aguilera) ou encore L’exorciste. La célébration de concours de scénarios radiophoniques permettant leur réalisation en partie par la station est aussi une des propositions de RNE, ainsi que l’insertion de “récréations sonores” et de sketches dans des programmes élaborés comme Carne Cruda, Nómadas ou Documentos RNE. Mayca Aguilera fait partie de l’équipe de programmes spéciaux de RNE et est réalisatrice avec Amparo Hernández et Mercedes de Prado du programme Documentos RNE ainsi que de divers programmes spéciaux de fiction de la station. Elle a été co-scénariste et réalisatrice des séries Los Inmortales y Criando Malvas (2002), Cinco minutitos más, Guerra y Paz (2001) et pendant des années, elle s’est chargée de la programmation musicale et du montage pour l’émission de cinéma El Séptimo vicio de Javier Tolentino. L’année passée, elle a obtenu le prix de Réalisation de l’Académie des Arts et Sciences radiophoniques d’Espagne.

Federico Volpini a récemment créé l’association Audiodrama, formée par un groupe de professionnels de la radio, de la télévision, du théâtre et de l’enseignement dont l’objectif est la promotion, la diffusion et la représentation de fictions sonores, ainsi que l’enseignement à travers des cours et ateliers. Carlos Hurtado, qui a également collaboré avec Radio 3 et qui était en charge avec Mayca Aguilera de la programmation et du montage de Cuando Juan y Tula fueron a Siritinga, est professeur de communication audio et design sonore à Madrid, et coordonne Radio Imagono, où il promeut la production de formats d’art radiophonique. Carlos Hurtado a aussi reçu le premier prix de la catégorie Radioarte (art radiophonique) en 2006 au prestigeux concours de la Biennale Internationale de Radio de México, pour la réalisation de Azul.

A la Casa Encendida (cc) Yukino Miyazawa - flickr

A la Casa Encendida (cc) Yukino Miyazawa – flickr

Cet esprit qui a réveillé Radio 3 est également présent a La Casa Encendida, centre social et culturel de l’oeuvre sociale Caja Madrid, dont la section radio est coordonée par Ángeles Oliva et Toña Medina. Ils y dirigent le programme Cápsula, proposent des ateliers de radio créative et réalisent des audioguides pour les expositions du centre. À la fois artistes et médiateurs, ils ont osé le format de “radioperformance” avec Cómo hacerse un cuerpo sin órganos (Aquí rugidos), inspiré par Pour en finir avec le jugement de dieu qu’Antonin Artaud a réalisé en 1947 pour la radio française. Ils ont participé au festival Mapa, avec l’oeuvre Caben todos los ruidos et à la Nuit des théâtres avec Ciegas con pistolas de Nilo Gallego. Ils ont dirigé Cuando alguien te tapa los ojos, émis par Radio 3 et réalisé à La Casa Encendida. Ils ont été lauréats au concours de nouveaux formats radiophoniques Open Radio du CCCB (Centre de culture contemporaine de Barcelone) en 2002 et 2005 et à la Biennale Internationale de Radio de México en 2006 et 2008. Touts les deux ont été présentateurs et scénaristes sur Radio 3. Cette même année, Toña Medina a publié une série de dix “chapitres sonores” qui a été distribuée entièrement sur internet. Il s’agit de Deluxe vuelve al pueblo, une histoire de science fiction avec pour protagoniste un personnage réel, le chanteur gallicien Xoel López “Deluxe”. Ce fameux héros se retrouve mêlé à une série d’étranges événements qui se déroulent dans son village natal. Cette surprenante production radiophonique s’appuie sur la musique originale de Alberto de la Hoz, la collaboration de Carlos Hurtado et de Xoel López lui-même (Deluxe), et du présentateur et scénariste Juan Suárez (En la Nube, Radio 3).

En restant dans le cadre de la passion pour le radio-théâtre, il y a huit ans naissait Miedoteca (appelée auparavant Historias y Relatos, el Sonido del Miedo), la première page entièrement dédiée à Historias, l’émission de dramatiques de Juan José Plans sur la RNEaujourd’hui disparue de la grille. Le portail se concentre également sur le monde du radio-théâtre en général, et inclut un podcast qui maintient en vie l’héritage du programme original.

Teo Rodríguez et ses récits d’horreur pour l’exquis programme de mystère Milenio 3 de Iker Jiménez sur la radio privée Cadena SER, sont un autre volet de ces rares programmes radio qui incorporent la fiction. À signaler également autour du genre d’horreur, on trouve la page Terror y Nada más, dirigée par Antonio Reverte Lucena et dédiée aux récits audio.

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Miguel Álvarez Fernández (cc) ERTZETIK – flickr

En nous rapprochant encore d’autres formes d’art pour la radio moins centrées sur le récit de fiction et ouvertes à l’art sonore et à la musique électroaccoustique, il faut parler du travail indispensable que réalise actuellement le musicologue et artiste Miguel Álvarez Fernández dans l’émission Ars Sonora de Radio Clásica,qui fut dirigée par José Iges de 1987 à 2008. C’est un espace ouvert aux essais et aux premières, où il promeut des oeuvres d’art radiophonique en tous genres : dramatique, musique radiophonique, paysage sonore, mélange des genres… en s’attachant particulièrement aux productions réalisées par les différentes émissions qui font partie du groupe Ars Acustica de l’Union Europeéenne de Radiodiffusion (UER), groupe auquel Ars Sonora est liée depuis sa fondation en 1990. Miguel Álvarez-Fernández est également commissaire sur de nombreux projets d’art sonore, comme Itinerarios del sonido, célébré dans divers lieux publics de Madrid en 2005. Il est enseignant et donne des cours et ateliers d’expérimentations, comme “RadioEspacios“ au centre d’art Sierra. Ses recherches théoriques ont été reprises dans plusieurs conférences, congrès et publications. Il a coordonné cette année avec José Iges et Ferrer-Molina la Rencontre sur l’Art sonore en Espagne, au centre culturel de la Casa Encendida.

José Iges est compositeur, artiste mais aussi ingénieur industriel et docteur en Sciences de l’Information. Il a écrit sa thèse doctorale sur L’art Radiophonique. Un art sonore pour l’espace électronique de la radiodiffusion, et est connu internationalement pour sa participation intensive à des conférences et des cours. Avec Concha Jerez, il réalise de nombreuses œuvres pour la radio et des installations sonores. Un certain nombre d’entre elles sont compilées sur Radioramificaciones. Récemment, ils ont présenté la radioperformance Radio No-Man’s Land au Musée National de la Reine Sofia à Madrid.

En 2006 a eu lieu la Première exposition d’art sonore espagnol, dont la page web propose à l’écoute de nombreuses oeuvres. On y retrouve des noms comme José Manuel Berenguer, Eduardo Polonio, José Antonio Sarmiento, Llorenç Barber, Esther Ferrer, Leopoldo Amigo, Miguel Molina, Rilo Chmielorz, Francisco Felipe, Concha Jerez y José Iges, Bartolomé Ferrando ou encore Francisco López, soit un vaste éventail d’artistes et de compositeurs de notre pays. Beaucoup d’entre eux font partie de l’AMEE, l’Association de Musique Electroaccoustique d’Espagne, et se consacrent également à la recherche et à l’enseignement. C’est le cas de Miguel Molina et de Leopoldo Amigo, de la Universidad Politécnica de Valencia, d’où est coordonné le Laboratoire de créations intermedia à la faculté des Beaux Arts. Ou de José Antonio Sarmiento, professeur titulaire de la Faculté des Beaux Arts de Cuenca, et directeur du Centre de création expérimentale de l’Université de Castilla La Mancha. Parmi les enseignants de communication qui ont écrit des livres et des articles sur les possibilités artistiques de la radio, on trouve Emma Rodero Antón, de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone, Xosé Soengas, de l’Université de Santiago de Compostela, Virginia Guarinós, de l’Université de Séville, Kety Betés, de l’Université Cardenal Herrera-CEU de Valencia ou Pedro Barea, de l’Université du Pays Basque.

Une pratique sonore s’intensifie en Espagne : le paysage sonore, ou promenade sonore. Sans cesse apparaissent des propositions pour “cartographier” ou “phonographier” un territoire. L’audio constitue alors un important facteur d’archives historiques. À Barcelone, par exemple, la dernière édition du festival de projets sonores Zeppelin, coordonné par Sonoscop et L’orquesta del Caos (dirigé par le compositeur José Manuel Berenguer) a pour finalité de stimuler l’intérêt pour le paysage sonore en tant qu’élément pour la création artistique musicale, et met à disposition des participants sa base de données, résultats de voyages à travers le Brésil, la Colombie, le Pérou, le Costa Rica et l’Argentine.

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Escoitar (cc) Chiu Longina – flickr

Quant à l’écologie accoustique et l’anthropologie du son, il existe en Galice depuis des années la communauté Escoitar.org, un projet de dynamisation sociale dont l’objectif principal est la diffusion et la promotion du “phénomène sonore”, et son exploration à des fins sociales et documentaires. Escoitar.org a developpé un logicial dédié à la publication libre de paysages sonores qui permet à tout usager de participer en ajoutant un fichier audio au système et en l’associant automatiquement au lieu où il a été enregistré (géolocalisation). Ce projet est coordonné par l’anthropologue et artiste sonore Chiu Longina en collaboration avec une équipe issue de diverses disciplines, comme Horacio González, Berio Molina, Julio Gómez et Juan Gil. Qui plus est, pour ce qui est de la diffusion de l’art sonore et l’activisme audiovisuel, Chiu Longina coordonne le projet de “télétypes” numériques mediateletipos.net et le portail collaboratif d’art sonore espagnol artesonoro.org.

Un autre projet sur les paysages sonores a été présenté récemment à Valence. Il s’agit de La Ciudad Aural, réalisé par Edu Comelles dans le cadre du Master d’Arts visuels et multimédia de l’Université Polytechnique de Valence. Son travail consiste en une balade sonore géolocalisée dans le quartier du Carmen à Valence. Il se compose de 33 compositions utilisant comme matériau de base le paysage sonore du lieu, qui a été traité suivant différentes techniques. Edu Cornelles a réalisé d’autres travaux sonores, comme Talaies sonores, Walking compositions ou Sonic Walkie.

Je concluerai sur le sujet de l’art sonore en rappelant qu’il a pris cette année une importance supplémentaire grâce à la publication du premier livre s’y consacrant en Espagne, écrit par Llorenç Barber et Montserrat Palacios. Intitulé La Mosca tras la Oreja, de la música experimental al arte sonoro en España , l’ouvrage reprend l’historique des différents genres et inclut également quatre CD compilant quelques unes des oeuvres d’artistes représentatifs.

Du Musée d’art contemporain de Barcelone (MACBA) émane un des premiers projets de webradio et de podcasting, spécialement axé sur la vulgarisation, avec lequel il faut compter : Ràdio Web Macba. Sur son portail, on peut écouter des productions qui recourent à l’exploration sonore à partir des activités et de la programmation du musée. Et pour continuer à propos des formats artistiques produits pour la radio, on reconnaît unanimement l’importance des concours et rencontres qui sont cruciaux pour promouvoir, connaître, écouter, motiver et permettre la reconnaissance des créateurs. À Saint-Sébastien, Radio Casares Irratia a organisé pendant quatre ans d’affilée le concours Teatro del Aire, qui récompensait des oeuvres de radio-théatre et de fiction. Mais malheureusement et pour des raisons qui nous sont inconnues, il n’y a pas eu de nouvelle édition. Parmi les lauréats, on peut retenir Álvaro Soto et Lourdes Castro (tous les deux travaillent maintenant à RNE). Un autre de leur projet réalisé conjointement, Senti2 Oi2, a également été l’un des lauréats de l’Open Radio 2005, la troisième rencontre internationale dédiée à la créativité et aux nouveaux formats radiophoniques, qui a eu lieu au Centre Culturel Contemporain de Barcelone, et qui, tout comme le Teatro del Aire, a depuis disparu.

Les concours de scénarios organisés par la Radio Nationale d’Espagne permettent à l’histoire primée d’être réalisée par les équipes et les professionnels expérimentés de la station, en plus de sa diffusion en direct. C’est ainsi qu’on a pu entendre Nínfosis de Inko Martín Mancisidor et Teatro de Alejandro Ruiz Criado. L’année dernière a eu lieu également Radioperformance 10.0, une intitiative qui transfère des performances artistiques au média radiophonique en les adaptant, en collaboration avec l’exposition internationale d’art en action Contenedores et l’émission d’art sonore et d’expérimentation musicale El Musicántropo, réalisée par Antonio Murga sur la station sévillane Radiópolis FM. Les événements, festivals et concours dédiés à l’art sonore et la musique électroaccoustique ou expérimentale sont nombreux. On pense notamment au Broadcasting Art organisé par l’émission Fluido Rosa (RNE) et le centre Párraga de Murcia, au Concours d’oeuvres de création radiophonique organisé par le Centre pour la Diffusion de la Musique Contemporaine en collaboration avec Radio Clásica (RNE), la Rencontre D’art Sonore en Espagne (EASE), ou encore les festivals In-Sonora et Observatori.

(cc) Chiu Longina

(cc) Chiu Longina

Pour finir, il faut reconnaître le rôle de TEA FM, une émission née sur la plateforme Digitea, développée par le Gouvernement d’Aragon, dont l’objectif est de former et stimuler l’imagination pour la création d’espaces radiophoniques innovants. L’émission est coordonnée par Chusé Fernández et émet sur le 98.9 fm à Saragosse, mais également en streaming depuis son site web, et met à la disposition des auditeurs toutes ses productions en podcast sur ivoox, l’audiokiosque qu’a créé Juan Antonio Solera pour distribuer des programmes radios sur internet. Chusé Fernández élabore la programmation de ses émissions à partir des travaux ou des idées qui ressortent des ateliers de création radiophoniques qu’il encadre dans les locaux de TEA. C’est ainsi qu’on a vu apparaître des programmes comme Linea 33, Entremixtas, Los Sueños Lúcidos de Alicia, Laboratorio de Ideas, Oídos Sordos, Sonido Ambiente ou le radio-théâtre Extra Vagante. Il peut également compter sur un réseau d’échange international, c’est à dire qu’il inclut à sa programmation des production de collaborateurs plus éloignés, comme Daniel Sanz du podcast El Arca de la Alianza, Luis Alvaz de Los Gritos del Silencio ou encore Sol Rezza et Daniel Iván de El Silencio No Existe. J’ai moi-même collaboré avec TEA FM en diffusant le programme sur Radioimaginamos.org

Je pourrais énumérer dans cette article davantage de personnes, collectifs, stations locales, communautaires ou universitaires qui appuient l’art radiophonique, mais finalement, il n’existe pas aujourd’hui en Espagne ni une offfre solide ni l’appui n’écessaire pour que cette offre s’accroisse, bien qu’on note un intérêt certain des étudiants, professionnels et artistes pour la création radiophonique. Depuis l’audioblog que je coodonne, Radioimaginamos.org, je compile toutes les informations que je trouve sur l’art de la radio et la création sonore. De la même façon, j’essaie de diffuser spécialement les oeuvres produites par la radio. Entrez, écoutez et participez. Il y a beaucoup à apporter puisque l’imagination ne connaît pas de limites.

2. Producteurs et créateurs en Amérique latine

La seconde partie de notre voyage dans les ondes hispanophones est à lire ici.

Traduction : Julie Heurtel

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