C’étaient les nuits radiophoniques d’Alain Veinstein

Alain Veinstein, né en 1942, « entré en radio » en 1978, a été un des producteurs fameux des nuits de France Culture : Nuits magnétiques, Surpris par la Nuit, Du Jour au lendemain. Lauréat du Prix de la Scam pour l’ensemble de son œuvre radiophonique en juin 2014, son parcours s’arrête brutalement par son éviction de l’antenne, quelques jours plus tard, le 4 juillet. Ce jour-là, ce qui devait être la dernière émission de sa carrière est censurée par la direction de la station.

Deux ans auparavant, Marine Beccarelli s’était entretenue avec Alain Veinstein dans le cadre d’une recherche universitaire sur la radio de nuit, qui aboutit ces jours-ci à la publication du livre Les Nuits du bout des ondes (plus d’information en pied d’article). Marine Beccarelli nous a proposé de publier en avant-première cet entretien qui perce quelques secrets de l’expérience du métier radiophonique.

En vis-à-vis, nous avons trouvé intéressant de revenir sur la censure des adieux d’Alain Veinstein. Cet aller-retour, entre le récit du métier et celui de sa répudiation, nous amènera à réfléchir à la place de l’auteur·e de radio, aujourd’hui et demain, à la radio.

Alain Veinstein, entretien par Marine Beccarelli, 11 mai 2012

À la limite, ne le répétez pas, il n’y a plus de nuit.

La nuit n’existe plus à la radio. Depuis Internet, avec le podcast, on peut écouter les émissions de nuit à n’importe quelle heure.

Mon émission, par exemple, est beaucoup plus écoutée actuellement, dans le monde entier, à des heures indéterminées, pas forcément nocturnes.

L’évolution de la technique a modifié la donne. Avant on pouvait parler nettement d’une radio de nuit, avec sa spécificité ; aujourd’hui, c’est plus difficile.

Même si on peut faire comme si.

alain veinstein

Alain Veinstein, en 2013 (cc by-sa) Actualitté

La nuit occupe une place très importante dans votre livre Radio Sauvage, vous dites même avoir « conclu un pacte avec la nuit ». Il me semble que pour vous, cela veut vraiment dire quelque chose que de faire de la radio de nuit…

Oui, vous avez raison. Au fond, j’ai hérité de la nuit. Lourd héritage. Ça s’est passé comme ça, un peu par hasard, et tout le monde a estimé qu’en effet le climat que je créais dans mes émissions, ma voix elle-même, étaient nocturnes. Mais c’est une interprétation plaquée sur un réel plus ambigu. Parce qu’il y a eu un moment, toujours sur France Culture, où je faisais l’émission du matin, le 7-9, et à cette heure matinale, j’avais toujours la même voix. Cela s’appelait Le Goût du jour.

Le Goût du jour, c’était avant la nuit ?

Non c’était après. C’était dans les années 1980… en 84, si j’ai bonne mémoire. Je ne l’ai fait que pendant un an. Parce qu’on n’avait pas à l’époque les moyens qu’ont aujourd’hui les émissions de cette tranche – considérée comme la tranche de meilleure écoute –, et donc c’était un travail considérable. Je n’avais pratiquement personne avec moi pour m’aider, je faisais même la revue de presse. Et je partais de chez moi à cinq heures du matin, sauf que j’avais toujours la même vie, c’est-à-dire que je me couchais tard, je sortais le soir, j’allais au théâtre, aux concerts, je n’abandonnais rien de ce qu’est ma vie. Quand le réveil sonnait, j’étais dans un état de fatigue terrible. Donc j’ai vite épuisé les charmes de l’aventure. Je n’arrivais plus à supporter l’odeur du café le matin quand on se réveille à l’aube. (…) Mon seul désir était de retrouver la nuit.

D’abord, les auditeurs ne sont pas les mêmes. Ceux du matin, impossible de savoir qui ils sont. Ceux de la nuit, j’ai fini par les connaître. Ce sont souvent des solitaires qui ont un lien très fort avec la radio, qu’ils considèrent comme une présence. Ce ne sont pas des gens qui entendent, mais des gens qui écoutent, qui ont la passion de l’écoute.

Moment suspendu dans Du jour au lendemain, Bénédicte Heim face à Alain Veinstein, extrait du film La Maison de la Radio de Nicolas Philibert (2013)

Votre émission Du jour au lendemain, qui date de 1985, est diffusée les jours de semaine à minuit mais elle est enregistrée l’après-midi, c’est bien ça ?

Oui, j’enregistre. Au début, je n’enregistrais pas. Au début, c’était à minuit, après ça a un peu fluctué au gré des grilles de programmes, puis c’est revenu à l’heure initiale, qui justifie le titre, Du jour au lendemain. Dans les premiers temps, à minuit, donc, je donnais rendez-vous à mes invités à la Maison de la radio. À l’époque, les studios de direct étaient dans la tour centrale. Y parvenir relevait de l’exploit, d’autant qu’à cette heure tardive, on ne rencontrait pratiquement personne. Minuit, pour beaucoup, c’est tard. Que faire avant l’heure ? On va dîner, sans craindre l’abus d’alcool, qui va peut-être calmer le stress, l’angoisse, bien compréhensibles quand on ne parle pas à la radio tous les jours. Résultat : je voyais arriver des invités qui n’étaient pas au meilleur de leur forme.

Il m’a fallu très vite abandonner le direct pour le faux-direct, c’est-à-dire des enregistrements en durée réelle, sans montage. J’ai ajouté une sorte de « performance » qui consiste à enregistrer trois émissions à la suite à chaque séance. Il m’est d’ailleurs arrivé autrefois d’en faire encore plus. C’était de la folie. (…)

Mais vous sentez-vous dans la nuit quand vous enregistrez ces émissions la journée ?

Je ne me sens pas dans la nuit puisque, encore une fois, c’est le jour. J’enregistre le mercredi, de 17h à 19h30, et le jeudi, de 14h à 16h30 : vous le voyez, à ces heures, il fait encore jour. En fait, je ne me préoccupe pas de l’heure qu’il est. Je n’en tiens pas compte dans ma façon d’être et de conduire l’émission. Je suis dans une espèce d’intemporalité, qui est d’ailleurs le temps de l’émission. La nuit est du côté de l’auditeur. Elle détermine évidemment ses conditions d’écoute.

Vous êtes dans l’entre-deux jours…

Oui, effectivement. Mais aussi parce que, par les temps qui courent, l’émission est une des rares, une des dernières, qui donne à la parole un temps, sans morcellement, sans fragmentation. C’est un temps qui échappe au temps, c’est-à-dire au temps de l’époque, qui est dans la vitesse, l’accélération permanente du temps. Comme disait le poète, on vit dans une parole en archipel, aujourd’hui. Et l’archipel ne me fait pas rêver.

Même s’il y a des blancs dans mes émissions, des silences qui leur ont même imprimé leur image de marque. Je tiens beaucoup à ces blancs, d’ordinaire la hantise des gens de radio. La parole qu’on écoute est une parole qui se cherche. Qui s’invente au fur et à mesure qu’elle avance. Elle n’a rien du discours préfabriqué que certains affectionnent parfois. Je n’ai aucun goût pour les « bons » orateurs, qui connaissent les réponses avant d’avoir entendu les questions.

Justement, vous ouvrez votre livre Radio Sauvage avec cette question de la parole hésitante. Vous racontez un souvenir : vous êtes en position d’écoute et vous avez un choc, un soir, en entendant une voix qui parle à travers le poste dans la nuit et que vous qualifiez de tremblante, d’incertaine… Il semblerait même que ce soit cela qui vous ait donné envie d’aller vous exprimer vous-même au micro, dans la nuit ?

Oui, c’est vrai. (…) À partir de là, je me suis mis sur orbite pour faire ce programme des Nuits magnétiques, qui a démarré en 1978. (…)

Ça a été compliqué ?

Ça a été très compliqué. D’abord parce que, à cette époque, je n’étais pas un homme de radio, je n’avais pas d’expérience du terrain. Je concevais des programmes mais je n’en faisais pas. Et puis pour réaliser chaque jour un programme d’une heure et demie, il faut déjà convaincre un directeur de l’accepter. (…) Mais le directeur de l’époque, Yves Jaigu, ne ressemblait pas à d’autres directeurs que nous avons vu passer par la suite, qui découvrent la chaîne en s’asseyant dans le fauteuil directorial. Il a compris aussitôt l’enjeu et a décidé de me faire confiance.

Quand on a démarré, on est littéralement partis de rien. Nous n’avions même pas un bureau, mais une espèce de placard qui est devenu par la suite le local de la photocopie. Il y avait deux chargés de réalisation là où il en aurait fallu cinq ou six. Je n’avais pas d’équipe, pas de projets d’émissions, je n’avais rien. On n’avait pas de studio, pas de cabine de montage, ce programme relevait vraiment de la gageure. Les premières émissions se sont faites pratiquement en direct. Tous les mixages en tout cas se faisaient à l’antenne, chaque soir, en direct.

La charge de travail était telle que, bien souvent, je n’avais pas le temps de rentrer chez moi. Je dormais dans mon bureau de conseiller du directeur, que j’étais encore, pas pour longtemps. On terminait une émission à minuit, il fallait en commencer une autre pour le lendemain, c’était un rythme effréné. Mais c’était la condition : faire ce nouveau programme sans que ça perturbe l’économie de la chaîne.

À une heure où l’audience est moindre…

À une heure de faible écoute, mais que je savais être une heure de grande écoute. La qualité de l’écoute m’importait plus que sa quantité. La chaîne, en tout cas, en a été transformée. En 1978, ne l’oubliez pas, il n’y avait pas de « radios libres » – elles sont arrivées sur la modulation de fréquence en 1981. L’esthétique radiophonique de France Culture était plutôt du genre compassé, et nous l’avons fait reculer progressivement. D’ailleurs, à leurs débuts, les nouvelles radios nous ont beaucoup imités, voire pillés, dans certains cas. Des émissions diffusées chez nous étaient remontées avant de se retrouver sur une autre antenne. C’était du piratage. Mais pour nous c’était bien. Ça nous prouvait au moins qu’on existait.

Plus tard, les choses se sont beaucoup transformées. L’équipe a évolué. Il y a eu des entrants et des sortants qui ont fait essaimer sur toute la chaîne l’esprit et l’esthétique de Nuits magnétiques. On ne garde pas indéfiniment ses secrets de fabrication.

Documentaire autour des Nuits magnétiques, par Christophe Deleu et Anna Szmuc, produit à l’occasion des 50 ans de France Culture en septembre 2013

Vous avez donc vraiment inventé quelque chose…

Oui, et qui s’est généralisée. Vu comme ça, il y a eu une espèce de… je ne sais pas comment dire mais… de nivellement esthétique par le haut, grâce à Nuits magnétiques. Et du même coup une sorte de banalisation, inévitable. Ce n’est pas la raison pour laquelle j’ai remplacé ensuite Nuits magnétiques par Surpris par la nuit. Surpris par la nuit n’était rien d’autre que Nuits magnétiques à l’heure du numérique, « magnétique » renvoyant surtout à la bande magnétique. Mais beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts et je ne cache pas avoir eu le plus grand mal à faire évoluer l’émission, c’est-à-dire ses thématiques et son écriture, sans parler du renouvellement des auteurs et des réalisateurs.

J’avoue que j’ai un temps très partiellement réussi puis, en un second temps, très largement échoué dans cette transition-là. Ce n’était plus la même chose. (…) La première famille de producteurs, c’était pratiquement à 100% des écrivains que j’avais repérés comme ayant un art particulier du récit et prêts à oublier qu’ils étaient écrivains pour découvrir des moyens narratifs spécifiques à la radio. C’était Jean-Pierre Milovanoff, Olivier Kaeppelin, Franck Venaille, Nicole-Lise Bernheim, Jean Daive, Jean-Pierre Ceton, combien d’autres… Ensuite, j’ai voulu réitérer le pari des années plus tard, avec Tanguy Viel, par exemple, mais j’ai dû constater que la ferveur, dans l’ensemble, avait baissé d’un cran. Alors je me suis surtout concentré sur Du jour au lendemain. L’expérience m’a paru plus prometteuse

Pourquoi ?

Parce qu’elle ne repose sur rien. Ou presque rien. Juste de la parole nue. Des voix. Des intonations, des silences révélateurs d’une présence.

Et il n’y a pas de lassitude avec Du jour au lendemain ?

L’intervieweur passe forcément par des hauts et des bas. Le studio est moins souvent à ciel ouvert que dans les bas étages. Mais quand on s’y attend le moins, surgissent des moments de grâce. (…) C’est imprévisible, toujours, complètement magique. Tout le reste est oublié. Pour rien au monde on ne voudrait arrêter.

[Propos recueillis le 11 mai 2012 par Marine Beccarelli]

« Du jour sans lendemain » ou la dernière de Du jour au lendemain le 4 juillet 2014

Retour sur l’affaire « Du jour au lendemain »

Le 12 juin 2014, c’est Alain Veinstein lui-même qui informe ses abonné·e·s sur Twitter que son émission Du jour au lendemain sera supprimée de la grille de France Culture à la rentrée prochaine. Pour le producteur âgé de 71 ans, cela signifie la retraite forcée, la fin de sa vie radiophonique débutée 36 ans auparavant.

Le soir du vendredi 4 juillet, nombreuses et nombreux de ses fidèles sont donc à l’écoute de sa der des ders, guettant intensément les adieux du producteur, d’autant que celui-ci n’a exceptionnellement pas annoncé d’invité·e mais sa seule présence au micro.

Stupéfaction lorsqu’à 23h, en lieu et place de l’émission attendue, c’est une rediffusion qui démarre à l’antenne. Aussitôt, Alain Veinstein sonne l’alarme sur Twitter, dénonçant une « censure » opérée par la direction de France Culture.

Censure ! Quels propos, quel crime peuvent justifier pareille sentence et acte rarissime dans l’histoire de la radio ? Les indignations et les témoignages fusent.

C’est un énorme tollé. Dès le lendemain matin, un article paraît dans l’édition en ligne du journal Le Monde, auquel Libération et Télérama emboîtent le pas. Sommé de s’expliquer, le patron de France Culture se montre paternaliste : c’était une émission hors-sujet ; on aura épargné Veinstein d’un plantage en public ; c’est tout juste si on ne l’a pas fait pour son bien. L’indignation ne tarit pas sur le web et dans la journée du 9 juillet, sans doute pour éviter que quelqu’un de plus malin ne la rende publique, la chaîne finit par mettre en ligne l’émission incriminée, accompagnée de ces lignes :

« (…) La direction de France Culture a considéré que le dernier enregistrement d’Alain Veinstein ne correspondait pas au cahier des charges de cette émission et au contrat qui nous engage de part et d’autre: il n’appartient en effet pas à un producteur d’une chaîne de consacrer l’intégralité de son programme à sa propre situation personnelle. Considérant qu’il s’agissait là d’un plaidoyer qui n’avait pas sa place sur l’antenne, au risque de créer des précédents injustifiables dans le cadre du service public, nous ne l’avons pas diffusé. (…) » [Texte intégral reproduit ici]

Ultime acte indigne de France Culture, la direction retranche ce texte de la page quelques heures plus tard (n’y laissant qu’un petit point) – apparemment, elle ne souhaite pas plus longtemps laisser son site souillé par cette affaire. Mais l’essentiel est qu’à présent chacun·e peut juger de ses propres oreilles. Et le résultat est clair. Quoi que l’on pense de la qualité de cette dernière émission – que l’on ait trouvé Veinstein digne et inspiré ou maladroitement pathétique – rien, absolument rien, ne justifiait la violence d’une telle punition.

Persiste un réel malaise. Une odeur de totalitarisme feutré, de dangereuse méfiance envers la singularité et l’intelligence, d’inhumanité profonde conduisant à saquer l’individu qui veut simplement achever son ouvrage avant de se retirer. Alain Veinstein fut de ceux et de celles dont on peut dire qu’ils-elles ont œuvré à la radio, mais aujourd’hui, demain, sera-t-on encore autorisé à le faire ?

Sur cette affaire, lire aussi les excellents billets de Radio Fañch du 5 juillet et du 9 juillet ; de l’Ex Homme-Âne-Yack du 5 juillet 2014 ; les réactions en chaîne sur le forum Regards sur France Culture.

  • Alain Veinstein est également écrivain. Il a notamment publié L’Intervieweur (Calmann-Lévy, 2002) et Radio Sauvage (Seuil, 2010). On l’écoutera évoquer d’autres souvenirs radiophoniques dans cette rencontre au festival Longueur d’ondes en décembre 2010.
  • Le livre de Marine Beccarelli Les nuits du bout des ondes est annoncé pour le 21 novembre 2014 aux éditions de l’INA. Sous-titré « Introduction à l’histoire de la radio nocturne en France, 1945-2013 », cet ouvrage retrace l’histoire de programmes radiophoniques tels que Les Nuits du bout du monde, Allô Macha, Le Pop Club, Les Nocturnes, Poubelle night, Les Choses de la nuit, en s’intéressant à la spécificité du ton et du son de la nuit à la radio.

5 Réactions

  • Marc Jacquin dit :

    Bel entretien… Beau témoignage ! Mais qui donc étaient ces « pilleurs » des radios libres, qui se sentaient ainsi libres de piller sans vergogne, (non sans légère conscience peut-être de braver un interdit, de commettre un délit, une atteinte au droit…. au monopole de l’art radiophonique d’Etat) ? On aimerait qu’Alain Veinstein cite les contrevenants à comparaître…. ! Ou que ceux-ci aujourd’hui, 30 ans après les faits, il y a prescription, se dénoncent. Personnellement, j’ai quelques soupçons, mais motus, je ne dévoilerai rien ici… Depuis ces années 80′ pionnières, annonciatrices d’un renouveau radiophonique vite essoufflé, le pillage s’est généralisé, il est devenu le mode d’échange usuel. Aujourd’hui, tout le monde pille tout le monde au nom peut-être de l’idée que « les idées n’appartiennent à personne », ou que tous « les sons comme les parfums tournent dans l’air du soir » et n’appartiennent à personne… ? Qui peut faire « oeuvre » dans ces conditions, comment creuser « son sillon » personnel ? On peut dire aussi et voir autrement : qui m’aime me pillera, et alors, en effet, ce pillage fut un hommage discret et repentant à un service public qui, en ce temps-là, savait se faire en douce pourvoyeur de contenus de contre-bande : des Nuits (jamais aussi) Magnétiques qu’alors, des bascules poétiques du jour au lendemain… des Tentatives premières en série… autant de temps suspendus, entre chien et loup, volés à l’utilité des heures et aux nécessités de l’homme (et des ondes) pressé(es)…

  • fañch dit :

    Bonjour,
    Merci d’avoir cité mes billets de juillet de cette année concernant la « censure » de Veinstein. Je rappelle à nos lecteurs respectifs que la 4 septembre paraissait au Seuil le texte intégral de l’émission censurée. J’avais à l’époque écrit à nouveau sur le sujet http://radiofanch.blogspot.fr/2014/09/merci-pour-ce-moment.html
    Marine Beccarelli a bien fait de rencontrer en son temps cet « oiseau de nuit » car ce sera sans doute plus difficile aujourd’hui de recueillir son témoignage sur ses dernières années à France Culture.

  • Marc Jacquin dit :

    Pendant longtemps deux « oiseaux de nuit » collaboraient le jour, ce furent les années où Yann Paranthoën accompagnait techniquement le silence (mutique) d’Alain Veinstein. Deux sourciers/accoucheurs de légende dans le même studio ? Oui et cela a duré des années, ça s’est passé à France Culture… Alain Veinstein en a témoigné lucidement dans l’ouvrage collectif « Yann Paranthoën, l’art de la radio » que Christian Rosset à dirigé et que j’ai eu le bonheur de publier en 2009 aux éditions phonurgia nova (http://www.phonurgia.org/nouveaute.htm). Toujours disponible pour ceux qui auraient loupé sa sortie, avec le CD d’un inédit de Yann Paranthoën « Questionnaire pour Lesconil » (Prix Italia 1981), de nombreux témoignages d’écrivains, compositeurs et artistes qui ont croisé sa route solitaire et singulière… et en DVD, le très tendre film de Pilar Arcila, un documentaire sur le maître du son filmé sur son Ile-Grande, peu d’années avant qu’il ne nous quitte.

  • George Weaver dit :

    Merci pour ce billet de salubre rappel, et merci à Marine Beccarelli pour ces bonnes feuilles.

    Je me permets juste de rappeler que le DJAL censuré du 4 juillet dernier n’était pas le premier adieu contraint d’Alain Veinstein : il y a eu un précédent cinq ans auparavant, le 20 juillet 2009, lorsque nous apprîmes à l’occasion du dernier Surpris par la Nuit de la saison — un « Raison de plus » consacré à Claude Régy — que l’émission ne serait pas reconduite à la rentrée suivante.
    Petite consolation : celle qui la remplaça fut un autre bijou radiophonique, concocté cette fois par Thomas Baumgartner : Les passagers de la nuit — émission elle aussi sacrifiée depuis.
    Mais cela n’atténuait en rien le poids de la perte de Surpris…

  • matt dit :

    À lire dans la lettre de la Scam de décembre 2014, une tribune d’Alain Veinstein intitulée « Quand la radio s’arrêtera » :
    http://www.scam.fr/Portals/0/Contenus/documents/lettres/A50.pdf (en pages 26 et 27).

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