Trésors électroniques et électroacoustiques

Quelques recommandations de lectures et d’écoutes pour les heures lentes de l’été, et plus précisément des ressources autour des musiques électroniques et électroacoustiques.

Le Britannique Simon Crab, musicien expérimental et historien, anime depuis 1995 le projet 120 Years of Electronic Music (120 ans de musique électronique). Le site, anglophone, s’offre comme une encyclopédie libre (mais non collaborative) des instruments de musique électronique, c’est-à-dire « produisant des sons à partir d’une source purement électronique et pas électro-mécanique ou électroacoustique ». La chronologie va officiellement de 1800 à 2015, mais il englobe en fait aussi quelques spécimens de l’ère pré-électronique (XVIIIe siècle), et se focalise sur la période allant jusqu’aux années 1970. Historique, imagerie d’époque, présentation du concepteur, fonctionnement, et quand ils sont disponibles enregistrements sonores ou vidéo : une notice par instrument, des plus répandus, comme le Vocoder, au plus mystiques comme la Croix sonore, en passant par des travaux collectifs comme ceux du GRM.


« Elektronische Impressionen », interprétation d’Oskar Sala au Trautonium

Pour compléter du côté électroacoustique, qui ne fait pas partie du champ de cette recherche, on signalera le geste élégant du compositeur français Michel Chion, qui a entrepris de mettre à disposition en libre téléchargement les PDF de ses livres épuisés. On trouve donc pour l’instant Le Guide des objets sonores de 1983, Les musiques électroacoustiques en France et dans le monde, co-écrit avec Guy Reibel en 1976, et un Que sais-je de 1982 sur la musique électroacoustique.

Pour accompagner la lecture, deux sources sonores de choix. D’abord, l’histoire de la musique électronique / électroacoustique (1937 – 2001), une collection patiemment assemblée par un professeur brésilien et mise en ligne sur Ubuweb grâce à l’un de ses étudiants – lequel avertit les auditrices et auditeurs de deux limites (communément rencontrées…) : la sur-représentation d’œuvres occidentales et la sous-représentation des femmes.

Seconde mine musicale : l’Electronic Panorama, des vinyles de Philips dans les années 1970 numérisés en haute qualité (flac) en deux parties : AGP13 et AGP14. « AGP », pour Avant Garde Project, dont l’objet est de mettre à disposition des titres de musique classique, expérimentale et électroacoustique du XXe siècle, pour la plupart jamais sortis sur CD.

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Illustration pour « The Sound Machine » de Roald Dahl

Une fois écumées ces livres, notices et sons, on pourra poursuivra, en anglais, avec le Musée des instruments de musique imaginaires, institué par la musicologue Deirdre Loughridge et l’écrivain Thomas Patteson. On trouve là une petite collection de textes, films ou sons sur des rêves visionnaires (comme le « livre pour les oreilles » de Cyrano de Bergerac), des légendes urbaines (comme le « piano à chats ») ou de singuliers prototypes (comme les « hypocloches » de Brian Eno). De quoi alimenter l’imaginaire pour inventer de nouveaux sons, de nouveaux objets pour les produire et de nouvelles oreilles pour les entendre…

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