Sur la 10ème Longueur d’ondes ~ 3 questions à Laurent Le Gall

En décembre 2003, une jeune association inconnue criait depuis Brest son amour de la radio. Le premier festival de la radio et de l’écoute était né. Cette année-là, on y croisait Yann Paranthoën, qui pestait contre le compresseur d’antenne de France Culture, Christophe Deleu et ses premières enquêtes en terres du Nord, ou encore Christophe Rault qui, tout en locks, promouvait la jeune Arte Radio.

Depuis, le festival est devenu un repère dans le petit milieu de la radio francophone. Du 5 au 10 février 2013, il passera le cap des 10 ans. C’est l’occasion de faire le point avec Laurent Le Gall, président de l’association Longueur d’ondes.

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Dimanche 4 décembre 2011, 20h : l’équipe de Longueur d’ondes (presque) au complet © Sébastien Durand

Les 10 dernières années ont été riches en évolutions pour la radio. De quelle manière le festival Longueur d’ondes a-t-il accompagné ces mouvements ?

Longueur d’ondes n’a pas vraiment accompagné les évolutions de la radio. Ce serait attribuer à ce festival bien plus qu’il ne mérite. Il n’a été qu’une caisse de résonance subjective d’une certaine idée de la radio commune aux membres de l’association. On pourra toujours imputer un manque d’ouverture sur des démarches qui seraient de l’ordre de l’art radiophonique ou une difficulté à appréhender les mutations qu’a imposées le net. On soulignera alors que l’éclectisme de la manifestation, qui essaie d’être notre marque de fabrique, se heurte à des contraintes : budgétaires (nous aimerions profondément faire entendre les radios d’ailleurs), individuelles (réticences d’untel à venir parler de son métier, de ses travaux par manque de temps – “Brest, c’est loin” – ou par absence d’intérêt pour le confessionnal finistérien) voire fonctionnelles (l’équation “faire de la radio” / “savoir en parler” n’est pas aussi probante qu’on voudrait bien le croire). Longueur d’ondes a d’abord été pensé comme une ruche sonore, où la voix est reine, dans laquelle on viendrait puiser désirs mais aussi colères et réflexions.

On a parfois dit, sur un ton railleur, que Longueur d’ondes était le festival de Radio France à Brest…

Toutes les critiques sont bonnes à prendre quand elles sont justifiées. Il suffit de se reporter aux catalogues des neuf éditions passées pour se rendre compte de l’inefficience d’une remarque qui en dit long sur l’aimantation de la Maison ronde et les frustrations qu’elle peut générer chez celles et ceux qui la profèrent. Que Radio France ait soutenu notre démarche et la soutienne encore nous comble comme au premier jour ; d’ailleurs, le public ne s’y trompe guère… La voix de son maître est parfois là où on l’entend le moins distinctement : c’est tout ce dont ce fameux “sens commun” nous invite à nous déprendre.

Comment Longueur d’ondes entend fêter sa dixième édition et quelles sont les pistes pour les dix prochaines années ?

En essayant de demeurer fidèle au chemin de crête qui a été emprunté : un mélange de professionnalisme et de décontraction dans le cadre d’une programmation qui fera voler en éclats les cadres anciens et donnera à entendre des points de vue radiophoniques à partir des dix caractères qui composent le terme Longueur d’ondes [L commme longueur d’ondes, N comme nuit, O comme ombre, E comme été, U comme utopie, D comme déjanté, E comme entretien, R comme rue, G comme gag, sans oublier l’apostrophe]. Quant aux dix ans à venir, inutile de tirer des plans sur la comète : comme toute association, Longueur d’ondes bénéficie de la jouvence de ces institutions instables et du très beau travail accompli par ses salariés en même temps qu’elle pâtit des fragilités d’un fonctionnement où le bénévolat rime quelquefois avec apostolat.

Le programme de cette 10ème édition en construction est consultable ici.

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