L’ADDOR invite à l’écoute

La jeune Association pour le Développement du DOcumentaire Radiophonique (ADDOR) se présente comme un réseau de personnes liées au documentaire. Son objectif principal : la valorisation du genre.

Nous désirons constituer un répertoire des documentaires, avec l’aide de l’INA, des cahiers de la radio et de tous les détenteurs d’archives, puis travailler à leur mise en perspective” indique Irène Omélianenko, productrice à France Culture et membre du collectif fondateur d’ADDOR. “En parallèle, nous nous entretenons avec celles et ceux qui ont fait le documentaire et qui souvent partent sans léguer leur savoir. Par exemple, en ce moment Anaïs Kien fait ce travail avec Michel Creis, qui a pris le son et fait le mixage de nombreux Atelier de création radiophonique.”

L’ADDOR remarque que, si actuellement des associations, des festivals fleurissent un peu partout en incluant le documentaire, ce bouillonnement, qui correspond également au développement des moyens de production et de diffusion et qui appelle des formes nouvelles, est aussi le signe d’un moment critique.

“En effet, dans ce même contexte, on constate un progressif engluement des documentaristes dans une solitude pas toujours voulue, ainsi que la séparation entre chefs opérateurs de prise de son, documentalistes, réalisateurs, auditeurs… une séparation face à laquelle on oppose l’envie d’un partage des expériences et des compétences” poursuit Irène Omélianenko.

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(cc) Jim – flickr

L’association se donne également comme mission d’aider à ce que certaines luttes individuelles obtiennent des réponses collectives, notamment sur la question des droits d’auteur qui se pose de façon différente depuis que Radio France diffuse en podcasting.

Face à des problématiques corporatistes épineuses (producteurs vs. techniciens, Radio France vs. radios associatives, l’économie du droit d’auteur vs. création libre), la posture de l’ADDOR est résolument du côté de la rencontre et du brassage.

“Nous avons décidé d’organiser des écoutes où seront croisées les expériences pour que ce ne soit pas le sempiternel documentariste qui raconte “sa vie, son œuvre” mais que preneurs de son, réalisateurs, voire auditeurs ou encore des théoriciens comme Michel Chion, des vidéastes attachés au son, etc. interviennent et nous fassent écouter des documentaires de leur choix.”

La première rencontre publique présentée par l’ADDOR se fera avec deux jeunes artisans du genre, le français Christophe Rault et le belge Irvic D’Olivier, co-fondateur d’Arte Radio pour l’un, de Silence Radio pour l’autre, et tous deux metteurs en ondes de métier. Ce sera, entre autres choses, l’occasion de mettre en question cette notion de mise en ondes, aussi floue qu’incontournable, qui englobe à la fois la technique du son et la conception formelle d’une production radiophonique.

Pour une impression de leur travail de réalisation, on peut se reporter aux dizaines de travaux qu’ils ont accompagnés sur leurs sites respectifs. Sur leur travail d’auteur, écoutez par exemple Ritournelle de Christophe Rault, et Checkpoint 2007 d’Irvic D’Olivier et Fabienne Laumonier.

Pour cette première rencontre, rendez-vous lundi 11 janvier à 19h30 à la galerie La Réserve d’Aréa, 50 rue d’Hauteville, Paris Xe. L’entrée est libre pour les “adhérents et les amis de l’ADDOR”.

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