Du bruit autour de 4’33”

Au Royaume-Uni à chaque période de Noël, il y a le phénomène du single n°1 des ventes, mécaniquement remporté depuis plusieurs années par quelque star de télé-réalité. En réaction déjà l’an dernier, une campagne orchestrée depuis le web avait fait gagner Killing in the name of de Rage Against the Machine, dix-sept ans après sa sortie.

Pour ce Noël 2010, un collectif nommé pour l’occasion Cage Against the Machine veut faire élire le tube sexagénaire de John Cage, les fameuses 4 minutes 33 secondes de quasi-silence créées en 1952 par le pianiste David Tudor. L’objectif est potache et symbolique : Outre-Manche, certains osent parier sur une silent night pour le coup vraiment silencieuse. Mais peut-être pas si proche de l’idée géniale de Cage, qui ainsi souhaitait davantage donner à entendre (les sons environnementaux, tous les bruits) plutôt que faire taire (la musique). Relayée par un buzz qui peut devenir assourdissant, cette campagne s’inscrit en plein dans son époque, médiatique, pop et électroacoustique, où les ronronnements des amplis d’une musique uniquement téléchargeable par le web ont remplacé les toussottements de spectateurs dans la salle de concert.

4’33” by David Tudor
  
How Cage Against the Machine recorded John Cage’s 4’33”
 

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