Des prix réels pour la fiction

Ce week-end voyait la fiction francophone célébrée de bien des manières. À Paris, le jury des Radiophonies présidé par Daniel Deshays a décerné cinq prix dont deux doublés : Meilleur texte et meilleure interprète féminine (Laurence Vielle) pour Personnologue de Sebastian Dicenaire ; Meilleure réalisation et meilleur interprète masculin (Richard Herlin) pour Vers le Nord de Christophe Deleu et François Teste.

Jetons-nous des fleurs par la même occasion : à Syntone, nous sommes ravis d’avoir eu le nez de nous intéresser aussi à ces deux créations hors-normes [cf. • liens vers nos articles ci-dessous] ! Le cinquième prix, un Coup de cœur pour Sophie Nauleau et Qui veut des oublies ? dans les Passagers de la Nuit, vient confirmer notre idée que le jury a souhaité récompenser des écritures nouvelles, audacieuses et exploratrices des limites entre genres.

 Personnologue, un souffle de réel dans la fiction : entretien avec Sebastian Dicenaire. En écoute intégrale ici.

Recomposer le réel : entretien avec Christophe Deleu

Conversation autour de Vers le Nord et d’une séquence inédite : entretien avec Christophe Deleu et François Teste

À Turin quelques jours plus tôt, le sexagénaire Prix Italia rendait son verdict et décernait le prix de la meilleure fiction à une autre production francophone, d’ailleurs également sélectionnée aux Radiophonies: Les Morts qui touchent, écrite par Alexandre Koutchevsky et réalisée par Myron Meerson, consacre France Culture pour la deuxième année consécutive, après Farben de Mathieu Bertholet et Marguerite Gateau, en 2009. Notons que la radio allemande a décroché les deux autres prix, documentaire et composition musicale ; le premier des deux, Kinder von Sodom und Gomorrha, peut être écouté sur le blog de l’IFC.

Le département fiction de France Culture est donc en très bonne forme, il est en tout cas reconnu par ses pairs : le Prix Italia, rappelons-le, est réservé aux radios de service public. La plus ancienne compétition radiophonique connaît cependant un véritable paradoxe en son pays, souligné ces jours-ci par le blog Radiopassioni qui titre ironiquement “Prix Non Italia”.

En effet, son prestige international ne peut qu’illuminer la quasi absence de productions italiennes, minées par les coupes budgétaires de la RAI. Quelques productions de qualité surviennent au coup par coup, comme par exemple pour les 60 ans de la troisième chaîne, mais c’est surtout le documentaire qui se trouve en crise. Les auteurs tentent de trouver des solutions de financement et de distribution sans compter sur la radio, c’est le cas de l’association Audiodoc, sorte d’ADDOR transalpine, à surveiller et promouvoir.

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